Né à Genève en 1964, Nicolas Wadimoff est un cinéaste, scénariste et producteur suisse dont le parcours est marqué par un engagement constant entre création artistique, réflexion politique et attention au monde contemporain. Après des études de cinéma à Montréal, il se fait connaître avec son premier film, Le Bol, présenté au Festival de Locarno en 1991. Très tôt, il évolue aussi dans le milieu culturel alternatif genevois, jouant de la guitare dans un groupe de rock et figurant parmi les fondateurs de L’Usine, centre culturel autogéré emblématique.
Au début des années 1990, il affirme une sensibilité déjà tournée vers les questions sociales et politiques avec Les Gants d’Or d’Akka (1992), portrait d’un boxeur palestinien citoyen d’Israël. Entre 1992 et 1996, il travaille pour la télévision suisse romande, notamment sur Temps Présent, et réalise de nombreux reportages dans des zones de conflit ou de tension, de la Libye au Rwanda, en passant par la Palestine, Israël et le Chiapas. Cette expérience nourrit durablement son regard de cinéaste.
En 1997, il coréalise Clandestins, son premier long métrage de fiction, récompensé dans plusieurs festivals internationaux. Il poursuit avec 15, rue des Bains (2000), Mondialito (2000) et Kadogo, l’enfant soldat (2002). En 2003, il fonde Akka Films à Genève, société de production qui lui permet de développer ses propres films tout en accompagnant ceux d’autres cinéastes suisses et internationaux. Son travail s’ancre alors de plus en plus dans les réalités politiques et sociales contemporaines, en particulier autour du Moyen-Orient et de la Palestine.
À partir de 2004, il initie le projet Swiss Palestinian Encounters, qui réunit de jeunes cinéastes palestiniens autour d’ateliers documentaires. Les films issus de cette démarche sont regroupés dans My Home et présentés à Visions du Réel en 2005. La même année, il coréalise L’Accord*, documentaire consacré aux négociations de l’Initiative de Genève. Par la suite, il produit et soutient plusieurs films remarqués, tout en continuant à construire une œuvre personnelle reconnue dans de grands festivals internationaux.
Ses films les plus marquants incluent Aisheen (Still Alive in Gaza) (2010), tourné dans la bande de Gaza après la guerre de 2008-2009, Operation Libertad (2012), Spartiates (2014), documentaire sur le MMA à Marseille, ou encore Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté (2016). En 2018, il revient à Gaza avec L’Apollon de Gaza, film qui explore les mythes et l’histoire d’un territoire assiégé à partir de la découverte d’une statue antique. Plus récemment, il a réalisé Maisonneuve – À l’école du vivre-ensemble (2020), développé le projet collectif FUTURA! et coréalisé UNRWA, 75 Years of a Provisional History et Who Is Still Alive en 2025.
Entre 2019 et 2023, Nicolas Wadimoff dirige également le Département cinéma de la HEAD – Genève, poursuivant parallèlement ses activités de réalisateur, producteur et enseignant. Son œuvre, à la frontière du documentaire et de la fiction, interroge les conflits, les migrations, les fractures de l’Histoire et les formes de résistance individuelle et collective, avec un regard particulièrement attentif à Gaza et à la Palestine.
« Qui est encore en vie »
Une carte de Gaza, de ses villes, de ses camps et de ses quartiers. De la peinture blanche sur un fond noir. À l’intérieur de ces contours grossièrement tracés, neuf réfugiés ayant échappé à l’enfer racontent leurs histoires. Leur vie d’avant, la perte des êtres chers. Des vies opprimées, mais pas encore réduites en cendres. En partageant leurs récits, les protagonistes tentent de se reconnecter à eux-mêmes, de cesser d’être des fantômes. Pour revenir, peut-être, à la vie.